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Web3 : comprendre la décentralisation


Qu’est-ce que la décentralisation ?


Dans le Web3, la décentralisation est une conséquence, plus qu’un point de départ. Une conséquence du fonctionnement de la Blockchain, qui est le cœur du Web3. Ce n’est ni plus ni moins qu’un stockage de l’information en P2P (peer to peer), sécurisé par un chaînage.

P2P, c’est quoi ? Vous vous souvenez de la grande époque du téléchargement illégal, en peer to peer, avec des logiciels comme BitTorrent ? C’est le même principe, en plus sécurisé grâce au chaînage.

Explication : un fichier est découpé en blocs, répartis entre les différents utilisateurs, qui possèdent une partie de l’information sans en posséder le tout. Leur ordinateur met ce bloc à disposition des autres utilisateurs, et réciproquement.

Résultat : les données n’appartiennent à personne, et les transactions ou changements réalisés dans ces données, sont reliées en chaînes. D’où le nom de Blockchain. Mais, si ces données n’appartiennent à personne (et donc à un peu tout le monde), comment sont-elles protégées ?


Pourquoi la décentralisation est-elle garante de la sécurité des données ?

Justement, la sécurité des données repose sur le caractère décentralisé du Web3. Pour le comprendre, il faut s’intéresser à sa faiblesse, et l’attaque possible dite du Goldfinger, ou des 51%.

Une Blockchain, pour exister, doit être validée par des programmeurs appelés mineurs. Ces mineurs forment ensemble des pools, dans lesquels chacun d’entre eux représente un nœud. Autrement dit, un point de passage et de stockage de l’information. Lorsqu’un mineur introduit un code malveillant dans la Blockchain, ce nœud corrompu est corrigé par les autres mineurs, qui rendent son bloc orphelin, et donc inopérant. L’intégrité de la chaîne est donc préservée.

Le problème apparaît lorsque 51% de la blockchain est détenue par une seule entité, qui mine donc la majorité des informations de la chaîne. Pourquoi ? Parce qu’une modification peut être apportée d’un coup à plus de la moitié de la chaîne, et rendre ainsi légitime l’ensemble de la Blockchain corrompue.

La décentralisation n’existe donc plus, puisqu’un monopole s’est formé dans le contrôle des nœuds, ce qui met en danger l’existence même du Web3.


Pourquoi la décentralisation dans le Web3 ?

Si la décentralisation a des failles, pourquoi en faire usage dans le Web3, qui est normalement une version améliorée du très centralisé Web2 ?

Parce que pouvoir et contrôle sont deux termes que le Web3 entend se réapproprier.

Sur le Web3, le pouvoir, c’est celui de l’utilisateur de disposer comme il l’entend de ses données personnelles, mais également de son argent.

Le contrôle, c’est la sécurisation des données, par le développement d’un internet indépendant et ouvert.

Les exemples de sa nécessité sont nombreux, comme ceux de l’Etat grec et des GAFAM.


Le contrôle des capitaux par l’Etat Grec

En 2015, le gouvernement grec a montré comment l’on pouvait contrôler la population et son capital. En privant les citoyens du droit de retirer leur argent auprès des banques, il mettait en évidence le contrôle auquel une entité centralisée peut soumettre ses citoyens.

Le développement des crypto-monnaies, qui reposent entièrement sur la technologie de la Blockchain, notamment Ethereum, mais également Helium, The Graph, Filecoin ou Livepeer, casse le monopole des banques. Le contrôle change donc de camp.


Les GAFAM : collecte et centralisation des données

Sur le web, ce sont surtout Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (les Gafam) qui centralisent nos données sur leurs serveurs, les contrôlent, et les vendent. Elles sont ainsi accessibles à des gouvernements, mais également à des hackers.

Ainsi, en 2019, des données collectées par Microsoft, sur 250 millions d’utilisateurs, ont été publiées sur un forum de hackers. En 2018, ce sont 330 millions d’utilisateurs de Twitter qui ont été affectés par une fuite de données. En 2013, chez Yahoo, ils étaient 3 milliards.


Quels sont les avantages de la décentralisation dans le Web3 ?


Comment fonctionne la décentralisation ?

A quoi ressemble un site internet ou une application sur le Web3 ? A exactement la même chose que sur le web 2.0. Les langages de programmation du frontend sont les mêmes (HTML, CSS et Javascript), ainsi que ceux du backend (Python, C++, Java, Ruby, etc.), et ont donc le même rendu.

Par contre, au lieu de stocker les données du site et des utilisateurs sur un serveur, celles-ci sont stockées via la Blockchain en P2P, et accessibles grâce à des protocoles comme IPFS ou Golem.


Qui sont les principaux acteurs du Web3 ?

Vous avez compris que les GAFAM, et leur modèle économique basé sur la collecte de données personnelles, sont mis de côté. Mais, qui sont les grands acteurs de cette nouvelle technologie qu’est le Web3 ? Ce sont notamment :

Ces acteurs sont plus des protocoles que des entreprises à proprement parler. Ils combinent les réseaux P2P avec le protocole de la Blockchain. Ils ne sont donc pas possesseurs des informations stockées par les utilisateurs, mais sont responsables de leur cryptage.

A titre d’exemple, IPFS (InterPlanetary File System) est un logiciel libre destiné à rechercher le contenu stocké sur des réseaux P2P.


Conclusion

Vous comprenez maintenant mieux l’importance de la décentralisation pour le Web3. Conçu comme l’antagoniste absolu du web 2.0 que nous connaissons aujourd’hui, le Web3 entend redonner le pouvoir à l’utilisateur.

Le captage de ses données par une autorité centralisée devient beaucoup plus complexe et, sans son consentement, tout simplement impossible.

La mainmise des banques sur le système bancaire et les frais qu’elles imposent à leurs clients ou, pour parler plus diplomatiquement, leur monopole, est profondément remis en question par ce qu’a rendu possible le Web3 : le minage de crypto-monnaies.

C’est donc une nouvelle ère du numérique qui est en train de s’ouvrir sous nos yeux.



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