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Les cryptos, un outil technologique au service de l’humain ?


Le bitcoin est la technologie blockchain la plus connue. Cryptomonnaie de premier plan, elle nourrit toutes les espérances, autant que toutes les peurs.

De plus en plus de bénévoles des ONG déclarent qu’elles peuvent être un outil de liberté au service des droits de l’Homme quand, de l’autre côté du spectre, les crypto-anarchistes évoquent les craintes d’un contrôle toujours plus grand des individus, par un nouveau totalitarisme.

A un niveau plus terre-à-terre, les cryptomonnaies servent aussi les escrocs de tout acabit, qui misent sur la crédulité et le manque de connaissances des investisseurs.


Le bitcoin au service des droits de l’Homme

Technologie du futur déjà bien ancrée dans le présent, le bitcoin est une monnaie numérique dont le projet est de garantir la disponibilité des actifs tout en offrant l’anonymat à ses utilisateurs.

Tout le contraire de ce que propose le système bancaire actuel. D’autant plus que le projet des gouvernements est de supprimer l’argent liquide au profit de la seule monnaie fiduciaire. Une digitalisation de nos achats qui en dit long sur le pouvoir de contrôle des institutions sur chacun d’entre nous.

A ce moment-là, le bitcoin, qui est déjà l’un des seuls outils au service des opposants politiques qui agissent à Hong-Kong ou ailleurs, sera la planche de salut de tous ceux qui voudront disposer librement de leur argent.


La blockchain dans la roue de l’aide humanitaire

Bitcoin n’est pas la seule monnaie de la blockchain à fournir les moyens de changer le monde. En 2018, grâce aux mineurs et au projet de levée de fonds Game Chaingers de l’Unicef, l’Ethéréum faisait son entrée sur la scène des droits de l’Homme.

Aujourd’hui, l’Unicef invite tous les propriétaires d’un ordinateur à miner de la cryptomonnaie pour lui en faire don sur son portefeuille électronique. Une révolution du don qui en dit long sur le rôle que vont jouer les cryptomonnaies et la blockchain dans la défense des droits de l’Homme.


Anonymat mais transparence des échanges

Grâce à la technologie de la blockchain, l’ensemble des transactions financières peut être suivi, tout en garantissant l’anonymat au donateur. Ainsi, les donateurs pourront savoir exactement quelle utilisation a été faite de leur don.

Les monnaies numériques garantissent ainsi le retour à une confiance envers les ONG qui a eu tendance à s’étioler au fil des années. Comme l’utilisation par la Croix-Rouge, après le tsunami de décembre 2004 en Thaïlande, de 5 millions d’euros sur une obscure ligne de compte, appelée “Frais de siège”.

Des pratiques pour le moins critiquables qui, avec le développement des dons en cryptomonnaies, cesseront grâce au contrôle des donateurs eux-mêmes. Ainsi, la technologie de la blockchain efficace, au service de l’action des ONG.


Cryptomonnaies et totalitarisme

La blockchain ne serait pas tant le fleuron d’une nouvelle forme de liberté, qu’un nouvel outil de contrôle au service des régimes totalitaires. Trois adjectifs caractérisent les transactions financières enregistrées via la blockchain :

Pour protéger l’identité des citoyens, et ainsi lutter contre les 200 000 usurpations d’identité annuelles en France, l’utilisation de la blockchain pour protéger l’identité est sur toutes les lèvres.

Toutefois, l’identification de chaque internaute ouvre la voie à l’identification des parties, à toutes les transactions réalisées via la blockchain. Cela, de manière permanente, publique, et vérifiable par tout un chacun. Une atteinte à la liberté qui servira, on ne peut mieux, les tendances au contrôle des gouvernements, tant démocratiques que manifestement totalitaires.


Les cryptomonnaies au défi de la réglementation

Ce qui, jusqu’à aujourd’hui, fait le jeu des cryptomonnaies, repose sur la relative absence de réglementations nationales et internationales. Cet encadrement, qui commence à se matérialiser au travers des réformes fiscales, visant à mieux encadrer les plus-values réalisées par les gains liés à la vente de cryptomonnaie, va aller croissant.

Les monnaies réellement anonymes ne sont plus très nombreuses. Ainsi, le bitcoin qui est la plus célèbre des cryptomonnaies, ne l’est pas. Pour la bonne et simple raison que pour accéder aux bourses, chaque monnaie doit respecter les réglementations KYC (Know Your Consumer) et AML (Anti-Money Laundering).

C’est d’ailleurs grâce à ces obligations réglementaires que le fondateur de The Silk Road, site e-commerce de produits et services illégaux, a été arrêté par le FBI grâce aux transactions qu’il avait effectuées en Bitcoins.

Ainsi, les seules cryptomonnaies encore réellement anonymes, sont les monnaies privées comme :

Si les gouvernements s’en mêlent, celles-ci ne résisteront pas longtemps au renforcement d’un cadre réglementaire qui les rendra rapidement obsolètes car inutilisables.


Cryptomonnaies et escroqueries

Comme tous les effets de mode, les cryptomonnaies entrent de plain-pied dans le schéma des escroqueries en tout genre :

Les limites ne sont fixées que par l’imagination des escrocs.


Qu’est-ce qu’une pyramide de Ponzi ?

Une pyramide de Ponzi est un système simple : vous faites entrer des membres et leur argent dans un système qui leur promet un retour sur investissement confortable, et souvent trop beau pour être vrai.

Amadoué par un discours souvent basé sur les résultats exceptionnels du cours du bitcoin, l’argent des nouveaux membres sert au versement des intérêts des anciens membres. L’escroquerie fonctionne jusqu’à ce que son auteur ne parte avec la caisse.

Toute son histoire de bitcoin, de blockchain, de crytpomonnaies, n’aura servi qu’à attirer de nouvelles victimes prêtes à y investir leur argent.


Qu’est-ce que le Rug Pull ?

C’est la technique qu’a utilisé le gouvernement ukrainien pour se faire verser des fonds par de généreux donateurs, au début de l’invasion Russe.

Le Rug Pull consiste à faire un appel de fonds, avec la promesse de délivrer des crypto tokens ou des NFT par airdrop sur le wallet de chaque donateur. Sauf que, au final, l’organisateur de cette collecte de fonds part avec l’argent sans ne rien verser en retour.

C’est ce qu’a fait le gouvernement ukrainien, arguant que des donateurs n’avaient pas joué le jeu, versant des dons minimes pour bénéficier du cadeau promis par le gouvernement ukrainien.


L’abus de confiance

Vous connaissez tous les influenceurs de Youtube, d’Instagram, de Facebook, qui créent des comptes pour monter un business de conseil en investissement, de coaching ou de toute autre chose.

Avec le bitcoin et la technologie de la blockchain, c’est la même histoire. Un charmant créateur de contenu vous propose que vous lui confiez votre argent pour qu’il l’investisse à votre place, sous prétexte qu’il le fera mieux que vous.

Une fois qu’il a réuni suffisamment de fonds, qu’il a pris soin d’investir sur son portefeuille plutôt que sur les marchés de cryptomonnaies, il part avec la caisse.


Conclusion

Le bitcoin, l’Ethereum et toutes les cryptomonnaies ont le potentiel d’être des instruments de libération. Des outils mis au service de l’humanité pour contourner les contrôles mis en place par les gouvernements.

Toutefois, les principes sur lesquels elles se fondent peuvent offrir à des organisations gouvernementales, au travers de régulations bien pensées, des moyens de contrôle encore plus grands que ceux qu’ils ont déjà en leur possession.

En ce moment, les dangers des cryptomonnaies sont ressentis par les nombreuses victimes d’escrocs, qui ont confié leur argent à des gens qu’elles ne connaissaient pas, car elles ne comprennent ni le fonctionnement des blockchains, ni les conditions d’investissement sur les marchés des cryptomonnaies.



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